mercredi 15 juin 2016

Autisme et équilibre

L'été a été l'occasion de remettre les enfants en selle, au sens propre. En juillet, ma fille part faire un mini camps " activité plein air"

Méliha avait retirer ses petites roues début septembre 2015 et elle se débrouillait trop bien, Aujourd'hui elle pourrai presque faire mentir l'adage qui dit : "faire du vélo, cela ne s'oublie pas !" On a l'impression que faire du vélo ne sera jamais une procédure automatique pour eux, même si, à chaque tentative, on ne repart pas de zéro, fort heureusement... Nous avons profité des beaux jours pour rouler sur les routes très plates Logan ça va, à 13 ans il sait faire du vélo il n'ait pas à faire comme les gamins de son âge à faire des figures mais ça va. Méliha, il fallait constamment hurler : "Pédale, pédale, pédale. Si tu arrêtes de pédaler, tu tombes !" ou encore "Fixe l'horizon et reste au bord". Sans ce dernier avertissement réintéré en boucle, Méliha zigzague et tombe. Si l'on ajoute à ces difficultés motrices, ses réactions disproportionnées face à tel ou tel bruit qui survient derrière elle, alors c'est la catastrophe. Tant qu'a Logan qui sait faire du vélo, je le laisse libre. Il a failli se faire écraser sous mes yeux car il a fait un incroyable écart au moment où une voiture le doublait ; il est tombé à 5cm (je n'exagère pas !) du véhicule qui a brusquement freiné. Heureusement que le conducteur était au pas depuis quelques mètres et avait bien remarqué que Logan ne maîtrisait pas son vélo, sinon... La leçon a porté : je ne peux me permettre  de rouler avec lui que sur des pistes cyclables ou des parcs.

 Mais même là, c'est dur car nous ne sommes jamais complètement seuls : Le problème, c'est qu'il est tellement grand que les autres usagers ne peuvent pas imaginer que ce garçon (à qui on donnerait facilement 16 ans alors qu'il n'en a que 13) puisse s'effondrer sans raison apparente sur la route. En discutant avec Logan, alors qu'il venait de tomber devant la voiture, j'ai pu me rendre compte du fait qu'effectivement, les autistes ont un problème avec la théorie de l'esprit. Logan n'arrive pas spontanément à concevoir que les autres ne soient pas dans sa tête et ne puissent prévoir qu'il va tomber...

Qu'est-ce que "savoir lire" ? Savoir déchiffrer ou comprendre ce que l'on lit ?


Qu'est-ce que "savoir faire du vélo" ? Garder un minimum son équilibre en pédalant ou être capable de se déplacer sans danger pour soi ni pour autrui ? Je dois dire, qu'en ce qui me concerne, j'opte pour la deuxième définition et là, je suis pessimiste. Autant je crois que Logan a encore une immense marge de progression sur le plan de l'autonomie et de la socialisation, autant je pense qu'il ne pourra jamais se déplacer en vélo (ou, plus tard, en voiture) avec des conditions de sécurité suffisantes. Quand j'étais petite, j'adorais faire du vélo avec mes grosses roues stabillisatrices. Je dois avouer qu'être privée de ce plaisir maintenant me fait mal au coeur l'autre jour, en le voyant tanguer au bord d'un fossé. Dans ces moments-là, je suis en colère contre moi-même et contre eux car je ressasse toutes ces paroles blessantes, ces regards hostiles ou lâches de ma famille qui me viennent alors de manière incongrue à l'esprit : la situation des enfants, la mienne - notre situation est tellement injuste... 

Heureusement, quand Méliha est sur sa trottinette, j'oublie tout ! Sur cet engin,elle fait preuve d'une dextérité stupéfiante, d'une maîtrise incroyable dans de vertigineuses descentes. Elle est capable de slalomer à toute vitesse et d'éviter les obstacles.
Il me semble que la trottinette était à la mode pour les adultes il y a quelques années. Est-ce toujours

en vogues ? Je l'espère

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